Que faut-il avoir vérifié avant de signer le bail d’un futur commerce ? Une fois la signature apposée, le local, sa destination et ses charges engagent le commerçant pour neuf ans. Cette checklist d’implantation commerciale reprend, dans l’ordre, les vérifications à mener de l’idée à la signature du bail, avec pour chacune le texte ou la source publique à consulter. Elle se télécharge aussi en PDF.
Une implantation commerciale se prépare en six vérifications successives : le projet et le chiffre d’affaires à atteindre, la commune et le secteur, les règles d’urbanisme de l’adresse, le local lui-même, ses obligations d’accueil du public, puis le bail. Chacune peut arrêter le projet. Les mener dans cet ordre évite de visiter un local que le plan local d’urbanisme interdit, ou de négocier un bail avant de savoir si le secteur peut faire vivre le commerce.

Le projet et le chiffre d’affaires à atteindre
La première vérification se fait sans local. Elle fixe ce que le commerce vend, à qui, et le chiffre d’affaires qu’il doit réaliser pour couvrir le loyer, les salaires, les achats et les remboursements d’emprunt. Ce seuil sert ensuite à juger chaque secteur et chaque local : un emplacement qui ne permet pas de l’atteindre est écarté, quel que soit son attrait.
À cocher avant de passer à la suite :
- l’offre, le client visé et le panier moyen attendu sont écrits ;
- le chiffre d’affaires à atteindre est calculé, avec ses hypothèses de charges ;
- le loyer maximal supportable en découle.
Le marché du secteur se vérifie ensuite par une étude de marché, dont la méthode pour un commerce tient en cinq étapes, du cadrage au chiffrage.
La commune et le secteur
Avant tout déplacement, les données publiques écartent déjà les communes et les quartiers qui ne conviennent pas : population et revenus (recensement et dispositif Filosofi de l’INSEE), commerces en place (répertoire Sirene de l’INSEE), prix des locaux vendus (base DVF de la Direction générale des finances publiques).
La fiche commune de Valenciennes en donne un exemple. La ville compte 43 468 habitants (INSEE, recensement 2023) et 28,9 commerces pour 1 000 habitants (Sirene, août 2026), et ses locaux commerciaux se sont vendus à un prix médian de 1 429 €/m² de 2023 à 2025 (DVF). Ces chiffres situent la commune parmi celles de même taille ; ils ne disent pas quelles rues portent cette densité, ni combien de locaux y sont vides.
À cocher :
- deux ou trois communes ou secteurs retenus sur des chiffres sourcés et datés ;
- la concurrence relevée dans Sirene, puis contrôlée sur place, boutique par boutique ;
- les locaux vacants de la rue notés lors de la visite.
Ce que le plan local d’urbanisme autorise à l’adresse
Le plan local d’urbanisme (PLU) classe chaque terrain dans une zone et dit quelles constructions et quels usages y sont admis. Le code de l’urbanisme range le commerce dans la destination « commerce et activités de service », découpée en sous-destinations, dont « artisanat et commerce de détail » et « restauration » (articles R151-27 et R151-28). Un PLU peut admettre l’une et interdire l’autre dans la même zone.
Le règlement de la zone se lit sur le Géoportail de l’urbanisme, avant la visite. Si le local a aujourd’hui une autre destination, un logement ou un bureau par exemple, le passage au commerce est un changement de destination, soumis à déclaration préalable ou à permis de construire selon les travaux qui l’accompagnent.
Pour un projet de grande taille, une autre autorisation s’ajoute : au-delà de 1 000 m² de surface de vente, l’ouverture d’un commerce de détail passe devant la commission départementale d’aménagement commercial (CDAC).
À cocher :
- la zone du PLU et la sous-destination admise sont relevées pour l’adresse ;
- la destination actuelle du local est connue ;
- la surface de vente est comparée au seuil de la CDAC.
Le local et ses obligations d’accueil du public
Un commerce qui reçoit des clients est un établissement recevant du public (ERP). Avant d’aménager le local, l’exploitant obtient une autorisation de travaux du maire, après avis de la commission de sécurité et d’accessibilité ; quand les travaux exigent un permis de construire, celui-ci tient lieu d’autorisation. Après des travaux ou un changement de destination, l’ouverture au public est elle-même autorisée par le maire.
La visite du local sert donc autant à mesurer ses travaux qu’à juger son emplacement. Comparez plusieurs locaux sur les mêmes points :
- la surface utile, la réserve et l’accès aux livraisons ;
- l’état de la vitrine, des réseaux et de la toiture ;
- l’accès des personnes handicapées : entrée de plain-pied, largeur des portes, circulation intérieure ;
- le coût total, loyer, charges et taxe foncière refacturée compris.
Les écarts de prix des locaux d’une ville à l’autre sont détaillés dans l’article sur le prix au mètre carré des locaux commerciaux.
Les clauses du bail commercial
Le bail commercial est conclu pour neuf ans au moins (code de commerce, article L145-4). Le locataire peut donner congé à l’expiration de chaque période de trois ans, d’où le nom de bail 3-6-9. Le bail dérogatoire, ou bail précaire, permet de tester un emplacement hors de ce statut, pour une durée cumulée de trois ans au plus entre les mêmes parties et pour le même local (article L145-5). Si le locataire reste dans les lieux plus d’un mois après son échéance sans opposition du bailleur, un bail commercial se forme de plein droit.
Avant de signer, relisez :
- la clause de destination, qui fixe les activités permises dans le local : elle doit couvrir l’activité prévue et, si possible, ses évolutions ;
- l’inventaire précis et limitatif des charges, impôts, taxes et redevances, et leur répartition entre bailleur et locataire, que le bail doit contenir ;
- l’état prévisionnel des travaux des trois années à venir, avec leur budget, que le bailleur remet à la signature ;
- les modalités de révision du loyer et le montant du dépôt de garantie.
Certaines charges ne peuvent pas être imputées au locataire, comme les grosses réparations de l’article 606 du code civil (charpente, toiture, murs de soutènement), les honoraires de gestion des loyers du bailleur ou la contribution économique territoriale. Un professionnel, avocat ou notaire, relit utilement le projet de bail avant la signature, puisque chaque clause engage le commerçant pour la durée du contrat.
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La checklist reprend ces six vérifications, puis ce qui reste à faire entre la signature et l’ouverture, à imprimer et à cocher au fil du projet.
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Le local et le bail vérifiés, l’étape suivante est le plan de financement, à présenter à la banque avec l’étude de marché et le devis des travaux d’aménagement.
Sources
- Code de commerce, articles L145-4 et L145-5 (durée du bail commercial, bail dérogatoire), sur Légifrance.
- Code de commerce, article L752-1 (autorisation d’exploitation commerciale), sur Légifrance.
- Code de l’urbanisme, articles R151-27 et R151-28 (destinations et sous-destinations), sur Légifrance.
- Bpifrance Création, le bail commercial.
- Service-public.fr, Bail commercial : répartition des charges et des dépenses entre locataire et bailleur.
- Service-public.fr, Établissement recevant du public : procédures d’autorisation.
- INSEE, recensement de la population 2023 : dossier complet de la commune de Valenciennes.
- Direction générale des finances publiques, demandes de valeurs foncières, data.gouv.fr.
- Urban Metrics, fiche commune de Valenciennes : population, densité commerciale, prix médian des locaux.

